Les Chroniques

J’ai lu : Le rap est la musique préférée des français [Podcast]

Les livres sur le rap français ne sont pas légion, cependant lors de leur publication ils ne feront jamais l’unanimité. Le livre coécrit par Fif de Booska-P et Laurent Bouneau de Skyrock n’en fait pas exception. Sa sortie a eu son long de polémique : le livre est-il mauvais, sont-ils légitimes ? Booba a eu raison de les clasher violemment ? C’est par un podcast audio objectif et renseigné que je réponds à ces questions, tout en donnant mon avis d’amateur de rap sur cet ouvrage tant décrié.

Comme d’habitude je vais résumer rapidement le podcast directement dans l’article, ce résumé ne prend en compte que le plan et omet volontairement une grande partie des arguments. C’est pourquoi je vous conseillerais quand même de l’écouter. D’ailleurs j’ai pris en compte quelques remarques sur la forme pour le rendre plus dynamique (notamment avec une instrumentale en fond pour les 3 premières minutes).

1 – Le contexte

A l’occasion de la sortie d’un livre sur la Sexion d’Assaut, Fif le créateur du premier média web sur le rap s’est vu interviewé pour expliquer son implication dans leur succès. À cette occasion l’éditeur lui a proposé d’écrire un livre entier sur le rap, Fif a accepté qu’à condition de le faire avec Laurent Bouneau le directeur de la programmation de Skyrock. Personnage très controversé Laurent est derrière l’évolution du rap depuis presque 20 ans. Le fait qu’ils signent un livre sur l’histoire de ce mouvement n’a pas fait l’unanimité (notamment un clash de Booba expliqué dans le podcast)

2 – La forme

Le livre est court et se lit rapidement, 300 pages, mais est assez cher (20 euros). Au niveau de la forme, on regrette une différence entre la partie de Bouneau, qui était rédigé par sa femme, écrivaine, et celle de Fif plus scolaire. Outre cette inégalité dans la forme on retrouve aussi un certain nombre de répétitions qui rende la lecture moins fluide. Mais surtout Fif ne participe qu’à 20% de l’ouvrage, principalement consacré à la partie de Laurent Bouneau (et à Skyrock).

3 – La partie de Fif

La partie de Fif est rapide et se résumé principalement à son histoire et sa passion du rap qui ont entrainé la création de Booska-p. Son parcours est intéressant (malgré des références régulières au racisme, assez mal placées). Il présentera les différentes écoles du rap français, et nous apprendra quelques anecdotes (notamment sur l’interview « clash » de Booba pour 0.9, et la vidéo de la pelle de Rohff). Ces anecdotes sont toutes aussi intéressantes que peu nombreuses. On regrette cette impression de figuration (qu’il explique par un parcours moins riche de Laurent et un vœu de ne pas répéter les mêmes choses).

4 – L’énorme partie de Laurent Bouneau

Le livre se transforme rapidement comme un énorme plaidoyer en faveur de Skyrock et de son impact dans la popularisation du rap français. Il défend son média face à la « pseudo » importance d’internet, en rappelant (à juste titre) que 2 millions de vues ne correspondent qu’à 8 passages Skyrock ! Il va juste qu’à prétendre à la place de première radio rap mondiale (en le démontrant en chiffres).

Le livre est truffé d’anecdotes, et de remarques business sur le métier expliquant les succès et les échecs des différents artistes et albums principalement sur leur capacité à produire des tubes (ces analyses, quoique peu poussées, sont très intéressantes pour ceux qui comme moi s’intéresse au business du rap). On apprend notamment que le succès de Diam’s est uniquement dû à Laurent Bouneau !

Arrive la partie sur Booba, et c’est ici que le livre montre ses plus grosses faiblesses avec un manque explicite d’honnêteté intellectuelle, avec tout un chapitre qui se transforme en réquisitoire contre le rappeur du 92. Non content de s’en prendre à la personnalité du rappeur, ce qui peut s’expliquer de personnes à personnes, il le compare à Rohff avec des arguments fallacieux. Pour prendre que deux exemples, il compare la qualité des albums et leur personnalité à travers le nombre de titres ! 17 morceaux pour Rohff contre 13 pour Booba signifient que l’album du PDRG est meilleur et que B20 ne respecte pas son public. Il fera allusion à l’histoire de la boutique Unkut en reprenant volontairement la fausse version de Rohff (clairement démenti par la vidéosurveillance) et met tous les torts sur Booba.

On peut se demander si Laurent Bouneau aime le rap, même s’il nous fait part de ses coups de coeur. Mais une chose est sûre c’est un très bon businessman qui a eu un impact considérable sur l’aspect actuel du rap.

5 – Conclusion

Aux différentes questions posées en introduction, je peux d’or et déjà apporter des éléments de réponse. Oui les deux auteurs du livre sont légitimes ! Cependant le livre n’est pas l’histoire du rap, mais leur histoire au sein du rap dans leur business respectif. Oui je vous conseille de le lire tout en gardant un certain recul (que je ne peux que vous conseiller de le garder pour tous les autres contextes, cette valeur se perd) comme le prouvent les approximations volontaires contre Booba. Un point étonnant, on prend de l’affection pour Fred qui apparait comme un passionné injustement agressé par certains rappeurs.

Je vous remercie d’être de plus en plus nombreux à me suivre (plus de 7000 vues pour la dernière vidéo), je vous invite à vous abonner à ma chaine YouTube, page Facebook et compte Twitter pour ne rien rater de la suite. D’autres podcasts sont en approche, notamment sur un autre livre qui a fait beaucoup de bruit lors de sa sortie en début d’année. Un podcast très dur à préparer qui sera fait en toute objectivité.

Previous Post Next Post

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply superdjamdjam 11 décembre 2014 at 11 h 32 min

    On m’a offert ce livre Bouneau il se vante trop pour moi !! Je m’attendait a mieux on dirait que sans skyrock le rap serai dead , il oublie que skyrock vit grace au rap !!
    superbe analyse !!

    • Reply boss 11 décembre 2014 at 18 h 56 min

      Merci du commentaire !
      Oui je suis d’accord dans le livre il passe très vite sur l’importance du rap pour Skyrock, favorisant l’idée inverse ;)

    Leave a Reply