Swagg Man arrête le rap
Les Chroniques

Lettre ouvert à Swagg Man : Que le hip-hop français reste en paix

Monsieur Swagg Man,

Si je me permets aujourd’hui de vous interpeller publiquement, c’est pour m’adresser  à vous en tant qu’amateur de rap français. J’ose espérer représenter en ces mots tout un pan de ce mouvement, voir sa majorité. J’ai ouïe dire depuis longtemps de vos facéties, elles pourraient même me divertir si je réussissais à faire abstraction des nombreux ingénus qui vous prennent au sérieux. Je ne m’attarderais pas sur les hypothétique origines de votre fortune ni sur votre consumérisme aveugle que vous inculquez à nos adolescents. Je peux fermer les yeux sur ce que je ne comprends pas, mais je ne peux me résoudre à vous laisser vous prétendre rappeur.

Depuis quelques années, des énergumènes écervelées ont vu dans internet (à défaut du petit écran) un moyen aisé d’acquérir un semblant de notoriété. Une société égocentrique a les héros qu’elle mérite. Mais pourquoi diable tous vous prétendre rappeurs ? La musique hip-hop ne pâtit donc pas assez de ses vrais acteurs ?  A-t-on besoin que la médiatisation à outrance de pitres, comme Morsay, Cortex et bien d’autres, vienne s’ajouter à notre fardeau ? À peine arrivons-t-on à faire oublier des paroles hasardeuses, des engagements contestés, des vidéos décriées que l’on doit se défendre d’individu qui, à défaut d’humour, rivalise de pauvreté artistique. Non nous ne pouvons accepter que vous vous réclamiez de ce métier, proclamez-vous amuseur public et laissez-nous en paix.

Je ne puis accepter que vos niaiseries musicales soi associé à un mouvement qui me passionne. Peut-on estimer légitime qu’une parodie jouisse de plus d’audience, à en croire les millions de vues, qu’un artiste engagé ? Peut-on se satisfaire que la médiocrité finisse par être accepté par le plus grand nombre sous couvert de second degré. D’autant plus que je ne peux faire abstraction du crédit que des médias rap, tels que les excellents Booska-P ou Rapelite, vous accordent. Que le buzz les pousse à entrainer le mouvement dans leur propre chute, eux qui sacrifient la diversité du rap français sur l’hôtel de la clarté. Combien de Scylla, Green Money, VALD, Tiers Monde souffrent de ce manque de reconnaissance de la nouvelle génération, abasourdie par ces bruits sourds.

Non définitivement, et au nom de tous ceux qui partagerons mon point de vue, je ne puis me résoudre. J’appelle donc à votre sensibilité pour le rap, en supposant qu’elle existe,  pour mettre fin de vous même à cette mascarade.

La plaisanterie a assez duré, monsieur Swagg Man. J’ai assez eu mal au rap

Musicalement vôtre,
Flo de Clashrap et tous les amateurs de rap qui partage mon point de vue.

PS : Je compte sur l’ensemble des auditeurs de rap pour partager cette lettre afin qu’elle arrive jusqu’aux oreilles de l’intéressé. Protégeons notre culture.

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply